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Sommes-nous prêts à les accueillir?
Aujourd'hui, je me rends avec trois de mes confrères du Collège
à un dîner organisé par la FTQ. Destination, Centre génération emplois.
Nous allons rencontrer différentes communautés culturelles, un organisme
qui aide à la préparation et à l’intégration en emploi des communautés
ethnoculturelles.
À notre arrivée, visite des lieux avec Suzana et Sid. Surpris,
tout le monde que je rencontre parle le français (préjugé). Mais
on sent déjà que le dîner va être rempli d’émotions. On nous amène
dans une grande salle. Une douzaine de personnes nous attend. On
s’assoit et puis grand tour de table. Tout le monde se présente.
Essen, Paula, Margarita, Judite, Sylvia, Louis Marina, Béber, Billy,
Sara, Marianne, et j’en passe. Plusieurs ont été professionnels
dans leur pays. Tous sans exception, ont plus que mon secondaire
cinq. Bac, Maîtrise, Doctorat, dans leur domaine et leur pays….
Mais pourquoi sont-ils tous ici au tour de la table, en pleine
semaine? Parce que les études faites dans leurs pays ne sont tout
simplement pas reconnues ici. Par conséquence, dans leurs domaines,
il n’y a pas d’emploi pour eux ici. Pour remédier à la situation,
en premier lieu, ils doivent recommence leurs études. Quelques test
d’équivalence existent, mais bon. En plus, faut savoir le français,
oral et écrit. OK. Encore là, si ton français est correct, il faut
savoir parler l’anglais et l’écrire aussi. On est dans un pays bilingue.
Ha oui, faut pas oublier l’expérience de travail québécoise. Mais
faut avoir un travail pour avoir cette expérience. Mais faut que
nos études soient reconnues si on veut travailler. Sinon c’est la
petite job au salaire minimum. Si je ne gagne pas assez d’argent,
il faut travailler plus. Si je travaille plus, je n’ai pas beaucoup
de temps pour aller à l’école. Si je n’ai pas travaillé, je n’ai
pas le droit à la subvention d’assurance chômage pour les études.
Et ainsi de suite……. Et si tes études sont reconnues par le ministère,
Faut passer au travers de tous les ordres de spécialistes possibles,
repasser des tests et encore, se trouver un stage, etc.
La plupart des personnes que j’ai rencontrées sont en train de
refaire leurs études ici. Elles travaillent dans des emplois au
salaire minimum. Le soir, elles suivent des cours de français ou
d’anglais. Souvent, elles ont pensé retourner chez eux parce que
pour elles c’est difficile. Mais la plupart ont trop investi d’argent
et d’efforts pour retourner. Elles ne veulent pas passer pour des
personnes qui n’ont pas réussi. Elles ont leur fierté. Malgré tout
ça, la principale raison pourquoi elles veulent rester ici :
Elles sont bien au Québec.
Yvon
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