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Isabelle est une militante aguerrie de 24 ans.
Elle est la présidente de la section locale des étudiants-es
employés-es de l'UQAM, 2 000 membres. À la fois étudiante
et salariée Isabelle a vécu une expérience
peu commune et intéressante dans l'ex URSS. La voici qui
nous raconte:
- LA TRANSITION POST-SOVIÉTIQUE par Isabelle Renaud
L'Université du Québec à Montréal (UQAM) offre depuis maintenant
5 années une activité peu commune à son corps étudiant. À chaque
printemps, environ 20 étudiants et étudiantes de science politique
ont l'opportunité de quitter le Québec en direction de la Russie
durant pratiquement 1 mois. Avant de partir en voyage, les participants
et participantes doivent suivre une formation universitaire offerte
par le politologue Michel Roche. Durant le séminaire, plusieurs
sujets sont abordés notamment les problèmes divers auxquels font
face les États héritiers de l'URSS et en particulier la Russie.
Les thèmes inclus dans le cours traitent : ·
- des nouvelles institutions politiques; ·
- des partis et des autres organisations de la société civile
émergente; ·
- des réformes économiques; ·
- des problèmes sociaux; ·
- des changements idéologiques; ·
- de la montée du nationalisme et du régionalisme; ·
- des relations avec le monde occidental.
Pour ma part, j'ai eu la chance de participer à deux reprises
à cette expérience formatrice durant mes études au baccalauréat
en relations internationales ainsi que durant ma maîtrise en analyse
politique. Mon premier séjour en Russie et en République Tchèque
en 2001 fut une occasion de m'ouvrir sur le monde et d'étudier les
impacts désastreux de la transition du communisme au capitalisme
orchestrée par le FMI dans cette partie du globe. Cependant, une
chose essentielle me manquait pour réussir à établir un véritable
échange avec mes camarades russes. Cette barrière qui me bloquait
la route était la maîtrise de la langue. Suite à ce constat, j'ai
entrepris l'apprentissage du russe afin de comprendre plus adéquatement
la réalité trouble de la population de ce pays. J'ai donc suivi
durant plusieurs mois des cours avec une Ukrainienne qui m'a non
seulement enseigné une langue complexe et fascinante, mais l'histoire
tourmentée des pays de l'Europe de l'Est.
À partir de tous ces événements, je suis littéralement tombée
sous le charme slave et j'ai décidé de retourner étudier à Moscou.
L'année dernière, soit en mai 2004, je suis repartie en Russie en
apportant avec moi quelques balbutiements de russe et une soif d'apprendre
encore plus avide qu'auparavant. À mon grand étonnement, les prix
de pratiquement tous les biens avaient encore augmenté faisant de
Moscou l'une des villes où le coût de la vie est le plus cher au
monde. Pourtant, derrière les façades des appartements luxueux détenus
par les oligarques qui ont pillé le bien commun, se cache une réalité
tout autre. Cette réalité est celle de la pauvreté. Une pauvreté
criante qui place des millions de Russes dans une situation de précarité
extrême. Il n'est pas rare de constater qu'une famille de 5 personnes
s'entasse dans un minuscule trois pièces quant ce n'est pas la rue
qui sert de logis aux autres. D'un côté, il y a les centaines de
casinos du crime organisé qui illuminent la ville et de l'autre
les personnes âgées qui cherchent de quoi manger dans les ordures.
Voilà un spectacle désolant qui se répète malheureusement à chaque
jour, du matin au soir.
Face à cette décrépitude économique et sociale, j'ai cependant
trouvé dans cette région une chaleur humaine insoupçonnée. J'ai
discuté avec mes camarades en mélangeant le russe, le français et
l'anglais. Nous avons passé nos soirées à critiquer le régime, à
blâmer le FMI, à déplorer la mondialisation économique néolibérale
et à boire de la vodka. Cet échange a été pour moi une source importante
de motivation et d'ouverture sur le monde. À cet effet, j'ai rédigé
une recherche, dans le cadre de ce séminaire, portant sur l'État
et la religion chrétienne orthodoxe en Russie.
En guise de conclusion, je sais désormais que peu importent
les obstacles qui se dressent devant nous, il faut continuer à se
battre. A posteriori, cette expérience a fait de moi une meilleure
militante et, du moins je l'espère, une meilleure syndicaliste.
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